Musique : vers des titres de plus en plus courts

Les titres musicaux sont de plus en plus courts ! C’est ce qui ressort d’une récente étude effectuée par Michael Tauberg, un data scientist qui a livré ses analyses au site Quartz.

Michael Tauberg a analysé l’évolution de la durée des titres classés dans le Top 100 du Billboard depuis 20 ans. Et selon lui les titresont tendance à être plus courts. Mais la machine s’est quelque peu accélérée depuis 2015, quand le nombre de chansons de moins de 2 mn 30 est passé de 1 % à 6 % dans le Top 100.

La durée médiane des chansons du Top 100 du Billboard au fil des ans. © Quartz

Pourquoi cette tendance ? Pourquoi les artistes ont-ils subitement décidé de revenir aux formats courts des années 50 et 60, alors imposé par la taille des 45 tours vinyle ? Un excès de paresse ? Sans doute pas. Plutôt une logique marketing venu du streaming. Aujourd’hui plus un titre passe sur une radio digitale ou est écouté, plus l’artiste est rémunéré. Alors autant faire court pour augmenter le nombre d’écoutes.

Mais le streaming n’est pas le seul responsable. Toujours selon le site Quartz, l’heure est à la satisafction immédiate. La capacité d’attention de l’être humain a tendance à décroître et peut expliquer notre attirance vers des choses simples et brèves, comme on le constate notamment dans le mode zapping de visionnage des vidéos sur les réseaux sociaux, Facebook notamment.

Par ailleurs, tous les genres musicaux ne sont pas touchés de la même façon par cette évolution. Ainsi, la durée des morceaux de Rap est en chute libre depuis 2015 ! Pour Jeff Ponchick, le fondateur de Repost Network, toujours cité par Quartz, l’attrait des rappeurs pour les formats courts viendrait de l’essence même du beat-making, qui s’apparenterait à une production à la chaîne où les rappeurs créent rapidement et passent à autre chose de façon quasi-instantanée.

Pour d’autres, comme la rappeuse Tierra Whack, la courte durée des titres représente un vrai challenge qui met en oeuvre sa capacité à adapter sa musique à tous les médias.

Mais tous les artistes ne voient pas les choses de la même façon et sont même perturbés par cette évolution. « C’est un combat mental constant entre faire de la musique que j’ai envie d’écouter dans ma voiture et faire de la musique qui va bien se vendre, mais qui ne va pas me plaire, juste pour faire décoller ma carrière », regrette notamment la chanteuse Naomi Wild à Quartz.