Ces passionnés ont réalisé un très beau studio pour leur webradio, découvrez-le !

Aujourd’hui, nous allons visiter le merveilleux studio de Radio Compile, fabriqué par Nicolas et Alexandre Braeckman, à Blehen, petit village belge situé tout près de Hannut entre Bruxelles et Liège. Radio Compile a fait partie des toutes premières radios créées sur Radionomy, à la fin des années 2000 et elle est toujours très active. Grâce à l’énergie de Nicolas et Alexandre, elle poursuit son développement et a ouvert en août 2017 un tout nouveau studio, que nous vous proposons de découvrir. Evidemment, comme expliqué en fin d’interview, il y a des configurations beaucoup plus minimalistes et moins chères. Mais l’exemple de Radio Compile fera rêver et donnera des idées à de nombreux passionnés. A découvrir donc !

Dans quel but avez-vous réalisé le studio de Radio Compile ? 

Lors de notre arrivée sur le web, le studio avait une visée purement pratique, en ce sens qu’il se composait d’un simple ordinateur et de deux micros d’ordinateurs. Cela a vite changé, avec l’intention, au fil des années et de nos projets, de faire quelque chose qui soit à la fois pratique et efficace. Le studio actuel est conçu pour pouvoir travailler avec au maximum cinq  intervenants fixes. Nous avons une zone régie, collée à un demi-cercle de bonne taille autour duquel sont installés ceux qui animent. Le réalisateur est donc en contact direct avec le reste de l’équipe, sans vitre, dans une disposition conviviale. L’idée est de pouvoir évoluer sereinement tout en pouvant accueillir quelques curieux qui désirent assister à une interview, par exemple.
Dans quelle pièce de la maison est-il situé ? 
Aujourd’hui, et depuis août 2017, nous disposons d’un espace extérieur. Nous avons 50 mètres carrés au-dessus d’une brasserie à Blehen, tout près de notre habitation, séparés en deux pièces de 25 mètres carrés. La pièce d’entrée, qui est accessible par un simple escalier, est appelée la « Chill Room »… Elle porte bien son nom, nous y avons installé deux canapés, une table basse à base de palettes, un bureau pour préparer ses émissions, un petit jeu de air hockey et un photocall. Tout le monde se pose dans cette pièce, avant ou après l’émission, pour débriefer ou simplement se reposer, c’est un bon endroit pour se détendre avec une bière (ou un soft, ça dépend de chacun ! ).
L’autre est celle du studio à proprement parler, isolé par un rideau pour la chaleur et le son. C’est là que se déroule le feu de l’action. Lorsque nous étions dans la maison, nous étions simplement dans une ancienne chambre de 15 mètres carrés environ, au deuxième étage (dans la toiture).
En termes de lieux, quel conseils donneriez-vous à un producteur qui veut installer son studio ? 
S’il s’agit de le faire chez soi, ce qui est le premier pas, il faut simplement essayer d’avoir une pièce dédiée exclusivement au studio. Cela permet d’avoir un cadre, ça crée une ambiance et on se rend mieux compte que le projet vit depuis cet espace. Niveau taille, cela varie, mais en réalité, le plus important est d’abord de se sentir à l’aise. Il faut éviter de s’entasser dans des pièces étouffantes, faire en sorte d’avoir un peu d’espace.
Pour le reste, essayez d’avoir une zone saine, donc un garage humide, c’est moyen. Tout est possible cependant, soyez original !
Comment avez-vous insonorisé la pièce ? 
C’est un gros chantier. Dans les précédents studios, nous avions fait assez peu d’efforts à ce sujet parce que la maison était insonorisée naturellement, on ne ressentait pas de grande utilité. Actuellement, c’est un chantier sur lequel nous travaillons. Nous avons déjà installé une moquette au sol pour couvrir le carrelage, qui peut causer de vrais problèmes. Le reste passera par la pose de mousse sur certains points clés du studio. C’est en cours, comme on dit… Malheureusement, l’insonorisation ne s’improvise pas et il faut l’aide d’une personne extérieure qui a de bonnes connaissances en la matière.
Quel matériel avez-vous acheté ? 
CONSOLES: La principale, utilisée dans le studio en tant que tel, est une Tascam DP-24 SD, notre seule console numérique.
Pourquoi la Tascam? Elle est numérique, déjà, rien que ça, c’est un bon argument. Le numérique permet d’intégrer un traitement à la sortie de la console, en allant de pair avec le travail des hardwares. La console est très facile d’utilisation et permet de mieux assigner les éléments. Bref, en terme de fluidité, c’est le must de notre côté.
Nous avons également trois consoles analogiques, qui nous ont été utiles ces dernières années, dont une est encore utilisée dans le set d’événements, lorsque l’on couvre quelque chose à l’extérieur.
MICROS: Un Shure SM7B, un Shure PGA 48 + 3 SM58.
Le SM7B est une référence en radio, sa qualité sonore est assez incroyable, surtout si l’on possède le DBX qui va avec.
Le PGA48 est une bonne alternative au SM58, bien que la dernière citée soit le meilleur rapport qualité/prix du marché pour les micros. Ce sont des micros conçus pour le chant, qui s’adaptent bien en radio.
Les cols de cygne sont plus élégants, très flexibles, et donc très pratiques pour nous. Ce sont des choix esthétiques. Le pied girafe est très utile et permet de mieux contrôler les mouvements de son micro, mais ils sont moins esthétiques.
CARTOUCHEUR : Akai MPD32.
Tout simplement indispensable en studio, puisqu’il permet de gérer les tapis et autres éléments sonores connexes. Il possède un paquet de fonctions, avec 16 pads qui peuvent être configurés sur plusieurs niveaux. Il n’est pas trop cher et offre une vraie plus-value à l’antenne. Il est, en plus, compatible avec des logiciels qui acceptent le MIDI, ce qui rend la chose très intéressante.
ORDINATEURS : deux tours fixes dans le studio, une musicale, une pour diffusion. Une autre tour pour les émissions en déplacement.
AMPLI CASQUE : le millenium pocket headphone. Il est assez basique, peut encore être amélioré d’ailleurs, mais permet de dispatcher le son sur différents casques. Il remplit très bien sa fonction, pas de problème à ce niveau.
SWITCH CASQUES :  ART My Monitor. Des switchs de ce genre, nous en possédons trois. Ils permettent à chaque animateur de réguler le volume de son casque sans que le réalisateur doive y penser via l’ampli casque présenté plus tôt. Une fois qu’on a commencé avec ça, difficile de s’en passer.
DISPATCHING AUDIO : Input control box.  Ce petit dispatch permet d’entendre, sur le retour, tant la qualité d’entrée que de sortie. Bien utile pour vérifier que tout fonctionne au moment de diffuser.
LES ENCEINTES Th t.amp PA4080 Package. Ce pack, nous l’avons acheté il y a des années. Les enceintes sont bonnes, peut-être trop puissantes par rapport à une utilisation studio, mais nous les utilisons aussi souvent lors d’émissions en extérieur dans de plus grands espaces. Très facile !
LES CASQUES : Un DT990 Pro et 4 Philipps SHP2000. Le DT990 est réservé au réalisateur. Il est assez cher à l’achat, mais le rendu son est vraiment bluffant. Pour le reste, des casques classiques feront l’affaire, bien que l’idéal soit de posséder du matériel studio professionnel de chaque côté. Nous n’y sommes pas encore.
LA CARTE SON : M-audio Fast Track. Permet de dispatcher le son avec un léger traitement. Utile mais vite désuet dès lors que vous voulez un véritable traitement, si vous voulez.
Combien cela vous a-t-il coûté et comment avez-vous pu financer tout cela ?
Sans doute aux alentours des 9000€ si l’on prend en compte toutes les dépenses en matériel physique. Nous avons d’abord déboursé cela directement de notre poche, avec nos boulots d’étudiants. Nos parents nous ont offerts quelques éléments, comme un micro ou les bonnettes, pour les fêtes de fin d’année de temps à autres. Aujourd’hui, la radio se finance aussi grâce à nos publicités locales, qui sont axées sur des clients qui sont dans notre zone géographique. Cela permet de changer certaines pièces, les rentrées ne sont pas énormes, mais cela permet d’atteindre un équilibre et de ne plus acheter à perte.
Pour les producteurs qui ont un budget inférieur, quelle solutions préconiseriez-vous comme configuration minimale pour un studio ? 
Le principal dans un studio, pour une radio qui débute, est d’avoir le minimum vital pour assurer un direct. Ceux qui ne veulent pas fonctionner en direct n’ont, en réalité, besoin que d’une petite console et de micros, en fonction du nombre d’intervenants. Il est d’abord important d’avoir une console, à notre sens, c’est quelque chose d’indispensable pour faire une émission propre et aux allures professionnelles. Une petite console Behringer est suffisante, pour un début. Si vous pouvez, investissez directement sur quelque chose de plus costaud, comme cela l’Alto Live 802.
Reste ensuite à définir vos besoins en micros, mais le SM58 est un bon compromis, à une centaine d’euros pièces. D’autres comme le PGA48, 50€, sont tout à fait probants également.
Au niveau informatique, nous recommandons d’avoir un PC diffusion et un musical. L’idéal est de posséder deux tours, qui ont l’avantage d’être fixes et donc stables au niveau du branchement, mais un PC portable peut également faire l’affaire. Equipez-les, selon les besoins, d’un encodeur comme Edcast, d’un logiciel d’automation comme Radio DJ et d’un logiciel de titrage. Tout devrait rouler !
Pas besoin de grand traitement de son au début. Radionomy vous en offre un suffisant pour démarrer, mais à terme, mieux vaut commencer à traiter le son depuis votre studio… Enfin, et c’est important, visez l’originalité dans la disposition, n’hésitez pas à changer de temps en temps pour garder tout en vie, c’est vraiment motivant.
Quel est l’usage de votre studio ? 
Dans notre cas, le studio est actuellement utilisé une vingtaine d’heures par semaine, entre les émissions, les préparatifs et l’enregistrement de flashs régionaux. Il sert un peu de quartier général, surtout avec la deuxième pièce. Avec le projet que nous avons dans la région, l’idée est, à terme, d’avoir 4 heures d’émissions par jour depuis le studio. C’est un projet à moyen terme, mais avec l’équipe actuelle, le nombre d’heure devrait assez rapidement doubler une fois toutes les émissions en cours d’élaboration diffusées.
L’émission qui se déroule déjà fixement depuis le studio, c’est Parlons-en. Un talk-show de débats avec une équipe de cinq personnes, sur des sujets de l’actualité, sans l’avis d’experts. Un peu un échange à bases d’opinions constructives, c’est l’idée en tout cas. A côté de cela, certains animateurs viennent s’entraîner hors live, enregistrer un flash local par semaine etc. Bref, cela commence à s’animer doucement sur place.
Accueillez-vous du public ? 
Nous faisons finalement assez peu d’émissions en public, par simple souci d’organisation. Dans notre ancien studio, à domicile, c’était impossible, étant donné que nos parents vivaient encore là et que cela pouvait les gêner. Dans le studio actuel, c’est déjà arrivé, mais avec un nombre restreint de personnes (maximum une dizaine). A ce moment-là, le studio étant assez grand, nous laissons notre retour activé afin qu’ils aient l’occasion d’entendre l’émission comme s’ils y étaient. Nous amenons des chaises complémentaires et répondons à leurs éventuelles questions. Avec la deuxième pièce à côté, c’est tout à fait possible de se retrouver à une vingtaine sans problème.
Nous avons déjà eu le cas avec la conférence de presse qui présentait notre stratégie locale dans le nouveau studio, l’ambiance étant vraiment bonne et personne ne se marchait dessus.
En général, ce sont des proches d’animateurs ou d’invités qui veulent venir voir comment ça se passe. C’est toujours agréable de pouvoir expliquer un peu d’où on vient, comment nous avons évolué… C’est très enrichissant de pouvoir discuter avec des personnes venues de l’extérieur, qui apportent un autre regard très important.
Que vous manque-t-il encore dans votre studio ? 
Il manque toujours des choses dans un studio! Nous allons prochainement remplacer notre système de retours par des enceintes studio, plus petites et donc plus modulables dans leur installation. Nous allons aussi faire construire un caisson qui abriterait les câbles micros et les pieds de ceux-ci, quelque chose de design. Nous allons installer deux nouveaux pieds micros col de cygne, qui harmoniseront la présentation.
Il manque également certains éléments comme des bonnettes personnalisées, très chères à produire, un écran tactile à remplacer, des éléments de traitements de son, des SM58 pour harmoniser nos micros etc… Et puis il y a la décoration! Il est temps que l’on dynamise un peu l’intérieur, avec notamment des visuels du logo installés directement sur la pente de toit du studio, par exemple. Des petits détails, mais qui ont toute leur importance !