10 conseils pour affiner votre programmation musicale

En FM, les formats musicaux sont peu nombreux. Ils sont tout simplement fabriqués en fonction des catégories de population (CSP, âge, sexe…) que les radios veulent atteindre afin de toucher certaines cibles publicitaires. Il n’y a donc pas de place pour l’originalité, ni pour le risque. Les règles du jeu sont stricts : tout est dosé selon des principes éprouvés afin de ne jamais décevoir l’auditeur. L’enjeu financier est tel que le directeur d’antenne ne peut se permettre la moindre fantaisie.
En webradio, les choses sont bien différentes, la liberté est beaucoup plus grande et rien n’est imposé. D’une part, parce que les producteurs sont libres de ce faire ce qu’ils veulent et ne sont régis par aucune autre contrainte que celles faciles à respecter du pacte du producteur (*) . D’autre part, parce que c’est dans l’essence même de la webradio de proposer des choses originales, de suprendre l’auditeur pour mieux le fidéliser.
Pour autant, être original ne signifie pas faire n’importe quoi. Quelle que soit la couleur musicale choisie, certaines « bonnes pratiques » en matière de programmation permettent d’être toujours plus efficaces et d’affiner toujours plus la qualité globale. C’est ce que nous allons voir dans cet article.
1. Définissez avec précision votre promesse musicale.
Dire que l’on fait une webradio pop electro ou classic jazz ou encore consacrée à la musique baroque ne suffit pas toujours. Etablissez un certain nombre de critères (BPM, chanteur ou instrumental, type de voix, type d’intrument, décennie voir année d’enregistrement etc…) qui vont permettre de définir avec précision ce qui peut passer et ce qui ne peut pas passer sur votre antenne. A chaque fois qu’un nouveau titre est susceptible de « rentrer » dans votre playlist, vérifiez qu’il remplit bien tous les critères.
2. Choississez avec soin vos golds 
Les golds, ce sont ces titres indémodables, ces standards qui ne quitteront jamais votre playlist. Ils ont construit l’histoire du courant musical que vous diffusez. Ils seront 40, 50 ou 100 peu importe, mais ils constituent le socle de voter programmation musicale, de vrais repères pour vos auditeurs. Choisissez les avec soin une bonne fois pour toutes.
3. Dénichez de vieilles pépites
Ces titres-là constituent un peu la cerise sur le gâteau. C’est le titre que l’on a plus entendu depuis 10 ou 20 ans, mais que l’on aimait bien et qu’une radio va exhumer du fond de sa discothèque. Par définition, une pépite doit rester rare. Il ne faut pas en abuser à l’antenne mais les programmer à toute petite dose pour surprendre positivement l’auditeur de temps en temps. C’est la petite touche en plus du programmateur.
4. Injectez régulièrement des nouveautés
Quel que soit la musique que vous diffusez, il y a toujours la possibilité de diffuser des nouveautés. Même en musique classique, de nouveaux albums sortent régulièrement avec de nouveaux interprètes. La nouveauté est essentielle pour une radio et la rend vivante et évolutive. Il n’y a pas de règles précises mais ajouter entre 10 et 20 titres nouveaux par semaine, c’est déjà très bien.
5. Travaillez avec soin les points de mix
Pour chaque nouveau titre uploadé, travailler avec soin les points de mix. Ils permettront au titre de s’intégrer parfaitement dans votre programme. C’est très important car, à l’oreille, cela marque la différence entre une vraie radio, où les titres sont parfaitement enchaînés et une playlist automatique.
6. Proposez une playlist très large
Savez-vous combien de titres contient la playlist d’ABC Lounge, success story de Radionomy ? Environ 2500. La preuve qu’avec 200 ou 300 titres, on est encore souvent trop loin du compte, même si on renouvelle beaucoup les bacs. Vos webradios, même si elles peuvent avoir des bacs à forte rotation (notamment pour les golds ou les hits), doivent proposer beaucoup de titres car elles sont vouées, par nature, à être écoutées sur une longue période (notamment au bureau). Ne donnez donc pas l’impression à vos auditeurs que les mêmes titres reviennent trop souvent.
7. Travaillez les rotations avec soin
La qualité de votre programme sera d’autant plus grande que vos rotations seront habiles. Sachez varier nouveautés, golds, hits, pépites avec un rythme bien choisie pour que l’auditeur ne soit jamais lassé. N’enchaînez jamais deux golds ou deux pépites d’affilée, sachez les répartir avec soin au coût de votre programmation. Savoir varier les styles, ne jamais lasser l’auditeur mais ne jamais le choquer non plus, c’est là que réside tout le talent d’un bon programmateur.
8. Soyez dans l’air du temps
Un bon producteur doit être réactif.
– A l’actualité tout d’abord : il doit savoir bouleverser sa programmation en cas, par exemple, de disparition d’un artiste phare souvent programmé sur la radio, savoir lui rendre hommage.
– A l’air du temps ensuite : il peut arriver par exemple qu’un titre très actuel ou qu’une publicité TV remixe ou utilise un titre qui pourrait passer sur votre antenne. Dans ce cas précis, n’hésitez pas à le programmer régulièrement.
Un exemple ? Vous vous souveez du titre « This girl » de Kungs qui a cartonné en 2016 ?  
Eh bien, il s’agissait en fait du remix de ce titre funk et motown du groupe australien « Cookin on 3 burners ».
Ainsi si votre radio a une programmation jazz, funk, soul, le titre récent de Kungs n’y a évidemment pas sa place. En revanche, pour être dans l’air du temps, n’hésitez pas à programmez la version de 2009, qui rentrera sûrement dans vos critères de programmation et permettra à votre radio d’être dans une tendance très actuelle.
9. Proposez des lives ou des versions différentes des titres habituels
Comment donner de l’originalité à vos auditeurs sans trop les déboussoler ? En leur proposant les morceaux qu’ils attendent mais dans des versions différentes. La version live d’un titre est un bon exemple, tout comme la version longue ou encore les reprises (ou cover). Certaines radios comme Dis’Cover radio en ont même fait leur raison d’être !
10. N’abusez pas des jingles
C’est un conseil maintes fois renouvelé sur ce blog : n’abusez pas des jingles. Ils doivent être peu nombreux et courts. Ce n’est pas du tout problématique si deux titres s’enchaînent sans jingles. Si évidemment, il faut un habillage sur une webradio, il n’a pas besoin d’être aussi présent que sur une radio FM, qui a besoin de répéter voire matraquer sa marque. En webradio, ce n’est pas nécessaire et c’est d’ailleurs un moyen de marquer sa différence.
Après la lecture de ces quelques conseils, vous allez peut-être modifier votre façon de programmer la musique. Mais n’oubliez pas, au delà de ces quelques bonnes pratiques, que la radio est aussi une affaire de feeling, tout n’est pas écrit, tout n’est pas scientifique et heureusement. De la même manière qu’existent d’excellents plats sucré-salé, il y a des mélanges surprenants en musique qu’il ne faut parfois tenter, quitte à bousculer les normes. En cuisine, comme en radio, tout est affaire de dosage…
(*)  Le Producteur de Radio s’engage à ne pas programmer : 
Plus de trois (3) enregistrements extraits du même support sur une période de trois heures
Plus de deux (2) enregistrements extraits du même support, consécutivement, sur une période de trois heures
Plus de quatre (4) enregistrements interpretés par le même artiste-interprète sur une période de trois heures
Plus de trois (3) enregistrements extraits d’une compilation, consécutivement, sur une période de trois heures